• 10 mai

CDI FRANCAIS OU EXPATRIATION DANS LE GOLFE : LA SEULE VRAIE DIFFERENCE.

  • Mehdi Leformateur

Je vais te raconter une anecdote.

J'ai commencé ma carrière comme enseignant en 2002.

Histoire-géographie, au collège.

En 2008, j'ai compris que l'Éducation nationale était une machine à construire de l'échec. J'ai refusé d'en être complice une journée de plus. J'ai démissionné et repris les études dans une école d'ingénieur pour décrocher un mastère spécialisé en intelligence économique.

NOUVELLE CARRIÈRE

En 2010, AXA m'ouvre ses portes.

Cadre. CDI. Community manager et responsable veille stratégique pour leur filiale deux-roues. 2 700 € net par mois — correct pour un début de carrière en 2010. Un beau nom sur le CV. Un bureau à La Défense. Une petite équipe sympa : marketing, webmaster, graphisme, événements moto, et moi pour les réseaux sociaux et la veille e-réputation.

J'avais tout ce qu'on m'avait dit de vouloir.

Trois ans plus tard, j'avais économisé 8 000 €.

8 000 €. En trois ans. Cadre dans une multinationale.

Et j'avais décroché une augmentation de 250 € sur toute la période.

Je faisais des PowerPoint pour mon boss. Je n'encadrais personne. Je ne décidais rien.

LE DOUTE

Un soir, j'ai sorti une feuille et j'ai fait le calcul.

Dans dix ans, où est-ce que j'en serai ?

Je gagnerai peut-être 4 000 €. J'aurai peut-être 50 000 € d'épargne si je suis très discipliné. Mais j'occuperai très probablement le même poste, à peu de choses près. C'est la France — tu es protégé, mais tu évolues très peu, sauf si tu as fait une grande école ou si tu fais partie du bon réseau.

Et puis il y a eu ce jour où j'ai demandé un congé pour l'Eid.

Il m'a été refusé.

Mon N+1 Yannis était gêné. Ce n'était pas lui. Ça venait de plus haut — du DG de la filiale, Hervé, qui par ailleurs m'appréciait beaucoup. En aparté, Yannis m'a glissé : "Mehdi, tu n'aurais pas dû mentionner l'Eid dans ta demande. Tu aurais juste dû écrire raisons personnelles — c'est ce que font tous les employés musulmans."

J'ai été très déçu. Et pour moi, ça a été le déclic.

UNE DÉCISION DANGEREUSE

Le mois suivant, j'ai annoncé ma démission à Yannis.

Il n'a pas compris.

"Tu n'es pas bien ici ? Tu fais du bon boulot. On peut te confier d'autres responsabilités. Est-ce que tu veux participer aux événements moto ?"

Je n'ai pas mentionné l'affaire de l'Eid. Je lui ai juste dit que j'avais besoin de nouveaux challenges.

Je suis parti à Dubaï sans aucune préparation, persuadé que les Émirats m'ouvriraient leurs portes avec mon beau diplôme et mon passeport français.

Ça n'a pas été le cas.

J'ai fait toutes les erreurs qu'on ne devrait surtout pas faire — celles que j'explique aujourd'hui à mes abonnés. Je vous en parlerai dans un prochain email. Si ce sujet vous intéresse, répondez simplement à ce message.

Sans méthode, sans connaissance du marché, sans préparation, je n'ai pas décroché de poste. J'ai fait quelques missions en freelance, mais au fur et à mesure mes économies ont fondu.

Un an plus tard, je rentrais en France sans emploi, ayant perdu 10 000 € et avec un trou d'un an dans mon CV.

Cette année-là a été dure. Mais j'avais aimé vivre à Dubaï. Ma famille aussi. Mes enfants avaient adoré.

La piscine dans le building.

Les super restaurants.

Les parcs aquatiques.

Les gigantesques centres commerciaux.

Le beau temps.

La propreté extraordinaire.

Et surtout ce sentiment de sécurité et cette positivité — même les chauffeurs de taxi souriaient.

J'avais échoué à trouver un job. Mais j'étais encore plus déterminé à repartir.

PREMIER CONTRAT EN ARABIE SAOUDITE — ET CE QU'IL CACHAIT

J'ai retravaillé mon CV. Mon anglais avait progressé. Mes échanges sur place m'avaient donné une vraie connaissance du marché du Golfe. J'ai candidaté encore et encore, mais de manière plus efficace.

Résultat.

Quelques mois après mon retour, un recruteur que j'avais rencontré à Dubaï m'a appelé. Il me proposait un poste de formateur dans un hôtel français 5 étoiles qui venait d'ouvrir à Médine.

Poste : Training Manager. Salaire : 12 000 SAR par mois, soit environ 2 700 €.

Exactement le même salaire qu'en France.

Petit poste.

Rien de glamour.

J'ai signé (de toute façon je n'avais pas encore retrouvé d'emploi)

Car j'avais compris une chose : dans le Golfe, ce qui compte ce n'est pas votre premier poste.

UNE CARRIERE DANS LE GOLFE CA DONNE QUOI ?

Et c'est là que tout a basculé. Pas de façon spectaculaire. De façon mécanique.

Parce qu'il existe dans le Golfe un mécanisme que personne ne vous explique jamais avant de signer.

Dans les pays du Golfe, les gouvernements imposent aux entreprises de loger leurs salariés et de couvrir leur assurance santé.

Pour les managers, les frais de scolarité dans les écoles privées sont souvent pris en charge. Voilà à quoi ressemblait ma fiche de paie réelle :

  • Salaire de base : 12 000 SAR (2 700 €)

  • Housing allowance : 1 600 €/mois

  • Transportation allowance : 500 €/mois

  • School allowance : jusqu'à 833 €/mois par enfant

  • Assurance internationale : incluse

  • Aucune charge.

Et en général un bonus annuel entre 10 et 25 % du salaire de base — environ 6 500 €/an pour mon salaire à cette époque.

CE QUE L'EXPATRIATION DANS LE GOLFE A CHANGE DANS MA VIE

C'est là que se situe la puissance d'un emploi dans le Golfe : votre capacité d'épargne, dans un pays où l'impôt sur le revenu n'existe pas.

Au bout de trois ans, avec un petit salaire de départ de 2 700 €, j'avais épargné près de 50 000 €.

Capacité d'épargne dans le Golfe

Dans mon prochain article, je vais vous parler de Céline.

Céline était ma responsable chez AXA.

Je l'ai cherchée sur LinkedIn il y a quelques semaines pour savoir ce qu'elle était devenue.

Ce que j'ai trouvé m'a frappé — et je pense que ça va vous frapper aussi.

À très vite.

Mehdi

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